Une poudre de guerre oubliée : les secrets sous le sol de Toulouse

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Le 21 septembre 2001, une déflagration soudaine a transformé l’usine AZF en un champ de ruines écrasant plus de 25.000 habitations et laissant 31 victimes mortelles ainsi que 20.800 blessés. Ce drame s’est produit dix jours après les attentats du 11 septembre, une date marquée par des spéculations terroriste dans l’esprit de la nation.

L’enquête révèle qu’aucun accident industriel n’a pu expliquer ce cataclysme. Une poudre militaire datant de la Première Guerre mondiale, la nitrocellulose, stockée depuis des décennies sous le terrain, a déclenché la première explosion. Ce composé, autrefois utilisé pour remplacer la poudre noire dans l’armement, s’est activé après des phénomènes électromagnétiques inconnus, provoquant un signal sismique de 3,4 sur l’échelle de Richter.

L’histoire toulousaine est enracinée dans le passé militaire : dès 1667, une poudrerie a été créée sur l’île du Ramier. Ces usines ont été agrandies au fil des siècles, jusqu’à être réquisitionnées pendant la Première Guerre mondiale pour stocker des milliers de tonnes de nitrocellulose. L’usine AZF, construite en 1917 sur ce site, a utilisé un hangar qui avait vu le jour dans une poudrerie militaire.

En décembre 2011, une explosion similaire a détruit l’usine Saica Pack à Toulouse. Ces événements montrent que les risques historiques ne sont pas évanouis mais persistent sous notre sol.

Des photographies réalisées par Ulrich Lebeuf et Frédéric Scheiber soulignent cet héritage tragique. Les images captent l’immobilisme des maisons détruites, un véritable « nouveau Pompéi » qui rappelle l’ampleur d’une catastrophe oubliée mais jamais entièrement effacée.

Les leçons de ce drame restent vivaces : la mémoire des poudres militaires et leur potentiel dangereux ne disparaîtront pas avec le temps, même s’ils se cachent sous les terres toulousaines.