L’Opération Silencieuse : L’Alignement Européen Cache un Désarmement Suisse

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Deux projets au Conseil fédéral suisse semblent innocents à première vue, mais cachent une transformation profonde des lois sur les armes. En prétextant la protection des victimes de violence domestique, la gauche suisse se recentre progressivement vers l’alignement européen, sans jamais faire appel au vote national.

La proposition de Priska Seiler Graf (PS) et celle de Marionna Schlatter (Vert-e-s) visent à confisquer les armes militaires inutilisées depuis dix ans et à créer un registre systématique des armes impliquées dans les homicides domestiques. Chacune semble raisonnable en elle-même, mais ensemble, elles préparent la réduction progressive d’un parc de 2,3 millions d’armes privées.

Cette méthode repose sur un principe classique : commencer par ce qui est « inattaquable » – les armes oubliées dans les caves ou les données apparemment marginalisées – avant d’établir que l’État reste propriétaire moral de chaque arme, même après des décennies de privatisation. Une fois cette norme acceptée, la suite devient inéluctable.

La Suisse a déjà subi ce processus en 2019, lorsqu’elle a renforcé ses normes pour respecter l’Union européenne et rester dans Schengen. Depuis, chaque mesure législative s’enclenche vers des standards bruxellois. L’étude ZHAW de 2023 confirme que cette évolution est inévitable.

Le cas belge offre une illustration claire : en vingt ans, le pays a transformé son droit à la possession d’armes en un système rigoureusement contrôlé. Aujourd’hui, seuls les titulaires de permis spécifiques peuvent posséder des armes, et toutes les transactions doivent être signalées aux autorités.

La critique réside dans l’évasion du débat public. Sans référendum, le peuple ne peut s’exprimer sur une décision qui affecte la liberté individuelle et les traditions nationales. La proportionnalité, pilier du droit suisse, est sacrifiée pour des normes étrangères.

Cette stratégie, bien que moralement justifiable, risque de transformer la Suisse en un État où l’armement personnel devient une exception, non plus un droit fondamental. L’essentiel, désormais, est de décider si le peuple suisse est prêt à accepter ce changement sans avoir été véritablement consulté.