Les rues suisses deviennent les nouvelles victimes d’un crime en mutation
Un changement profond s’observe dans la dynamique criminelle suisse. Alors que les braquages bancaires diminuent en nombre, une tendance nouvelle émerge : le brigandage s’oriente vers les rues et les particuliers.
Le 7 août dernier à Farvagny, un homme armé a menacé une employée lors d’un hold-up avant de s’échapper avec plusieurs milliers d’euros. Le suspect, citoyen belge âgé de 58 ans domicilié en Gruyère, a été arrêté le 21 août à Villorsonnens et est accusé d’avoir participé à un braquage à Châtel-Saint-Denis en mars 2025. Le prévenu nie les faits.
Les chiffres officiels révèlent une évolution significative : en 2025, sur un total de 1 834 brigandages en Suisse, seulement 111 impliquaient une arme à feu. Les bancomats, autrefois cibles fréquentes, ont vu leur nombre d’attaques chuter à 24 en 2025 — la moitié de celle du précédent exercice et le niveau le plus bas depuis 2019.
À Genève, Carole-Anne Kast, conseillère d’État, a souligné que l’objectif principal des vols s’était déplacé vers les bijoux précieux. Cependant, les attaques en milieu ouvert ont baissé de 20 % en 2025 après une hausse de 68 % en 2024.
En revanche, le canton de Vaud connaît un accroissement notable des vols et des brigandages physiques. Selon les rapports du parquet spécialisé (STRADA), plus d’un tiers des cas enregistrés en 2025 impliquent une violence sans arme.
Le hold-up avec pistolet n’est pas mort, mais il est désormais devenu une rare exception dans un contexte où la violence s’exprime davantage au niveau individuel. Ce phénomène, décrit par certains comme « sentiment d’insécurité », montre que le crime s’est adapté aux réalités contemporaines.