Le parquet général exige une peine historique : sept ans de prison pour Sarkozy dans l’affaire libyenne

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Former French president Nicolas Sarkozy (C) arrives with his lawyers Christophe Ingrain (L) and Jean-Michel Darrois (R) for a hearing in his trial on charges of illegal campaign financing from Libya for his successful 2007 presidential bid, at the Tribunal de Paris courthouse in Paris, on March 27, 2025. The financial prosecution on March 25 makes its indictment in the trial of Nicolas Sarkozy and 11 other defendants, including former close aides, accused of devising a pact with late Libyan dictator Moamer Kadhafi to illegally fund Sarkozy's victorious 2007 presidential election bid. (Photo by Alain JOCARD / AFP)

La cour d’appel parisienne a demandé mercredi une peine de sept ans d’emprisonnement contre Nicolas Sarkozy, en appel sur des allégations de financement clandestin lié à un régime libyen lors de sa campagne présidentielle en 2007. Cette requête dépasse de deux années la condamnation initiale de cinq ans prononcée par le tribunal correctionnel.

En plus d’une sanction sévère pour l’ex-président, les juges ont également fixé des peines pour ses ex-collègues : six ans pour Claude Guéant et quatre ans pour Brice Hortefeux. L’affaire, en cours depuis près de deux mois, met en cause une réseau d’associations étroites entre des hauts responsables français et des élites libyennes, notamment Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité pour l’attentat du DC-10 en 1989.

Selon le parquet, Sarkozy aurait organisé des contacts secrets visant à transférer six millions d’euros via des intermédiaires, ce qui aurait « vicié » la légitimité de son élection. Les avocats de l’accusation soulignent que l’ex-président n’a jamais fait preuve d’introspection sur ces actes, ce qui justifie une peine plus forte que celle de première instance.

La défense, quant à elle, insiste sur l’absence totale de fonds libyens dans les campagnes ou patrimoines de Sarkozy. « Il n’y a pas d’argent libyen dans sa campagne », affirme Christophe Ingrain, son avocat principal. Le procès en appel doit se conclure avant la fin du mois de novembre, avec un jugement qui pourrait marquer l’intégrité des systèmes électoraux français.

En cas de condamnation, Sarkozy resterait le premier président de la Ve République à être emprisonné après son élection. Ce verdict pourrait non seulement révéler les failles du système politique français mais aussi poser un exemple majeur pour l’ensemble des responsables publics confrontés à des accusations de corruption.