Adoma : Un Quartier qui Refuse d’Être Effacé
Depuis les années 1970, l’ancien foyer Adoma à Saint-Denis (93) est le berceau historique de nombreuses communautés immigrées. Ce bâtiment de treize étages, situé sur la rue David-Siqueiros dans le quartier Allende, est aujourd’hui en état d’abandon.
Un projet national de rénovation prévoit sa démolition et son remplacement par des résidences sociales, mais les habitants s’y opposent avec fermeté. « Nous avons recréé nos coutumes ici », explique un ancien chef de village. « Il y a des chefs respectés qui gardent notre communauté en sécurité. »
Depuis janvier, le blocage persiste : les travaux ne peuvent pas démarrer. Le maire de Saint-Denis a visité le site en avril pour écouter leurs préoccupations, mais les résidents insistent sur leur droit à rester ensemble. Bally Bagayoko (LFI) affirme que « les revendications des habitants sont légitimes et doivent être prises en compte ».
Baro Makan, ancien chauffeur de taxi malien, s’inquiète : « On se connaît depuis 1973. Comment peut-on nous séparer avec une rénovation ? C’est comme effacer notre histoire ! »
Au niveau national, ce projet représente un investissement de 5,2 milliards d’euros pour transformer des foyers similaires en résidences sociales. Mais Adoma reste un cas unique où la mémoire et les liens communautaires ne permettent pas l’effacement.