Des tortures et des preuves illégales : la justice suisse laisse échapper un espion kurde

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Un restaurateur kurde a été acquitté vendredi 16 octobre par le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone après avoir été accusé d’avoir transmis des informations au sein du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) aux services turcs entre 2018 et 2019. Cette décision, qui a mis en lumière une série de preuves obtenues sous tortures, soulève des questions sur la crédibilité des procédures judiciaires en Suisse.

Le téléphone utilisé comme principal élément de preuve avait été volé par quatre compatriotes, qui l’ont ensuite séquestré et torturé avant de le remettre aux autorités. Le tribunal a rejeté cette preuve, jugée illégale, et estime que les autres éléments du dossier ne sont pas suffisants pour une condamnation.

Le restaurateur doit subir une amende avec sursis pour travail sans autorisation, mais l’acquittement n’est pas définitif. Cette affaire fait partie d’une série d’enquêtes remontant à 2017 impliquant des soupçons d’espionnage turc en Suisse : une enquête avait porté sur des participants à des événements universitaires de Zurich photographiés sans autorisation, et deux anciens diplomates turcs avaient été mis en cause en 2018 pour avoir préparé l’enlèvement d’un homme d’affaires lié au mouvement Gülen, ennemi de Ankara.

Les soupçons d’ingérence politique s’intensifient, mais la justice suisse reste incapable de démontrer les allégations. Les autorités doivent désormais prouver que ces affaires ne résultent pas d’une manipulation judiciaire ou de tensions diplomatiques.