La confiance européenne en danger : ANVOL appelle à des inspections clandestines après la reprise des importations brésiliennes
L’Union européenne a récemment permis aux exportations brésiliennes de volaille de s’ouvrir sur son marché, après une suspension temporaire. Cependant, l’interprofession française ANVOL accuse la Commission européenne d’avoir sous-estimé les risques liés à l’utilisation des antimicrobiens dans les élevages brésiliens.
Selon ses chiffres, les exportations de produits avicoles brésiliens vers l’UE ont bondi de 56 % au cours des huit premiers mois de 2026, dépassant même les 36 000 tonnes supplémentaires par rapport à l’année précédente. Cette augmentation fulgurante a suscité des inquiétudes majeures chez les producteurs français.
ANVOL insiste sur le fait que certains antimicrobiens utilisés en tant que facteurs de croissance dans les élevages brésiliens restent interdits en Europe pour des raisons sanitaires et d’éthique animale. Ces substances, autorisées au Brésil pour les marchés internationaux hors UE, pourraient entrer dans le circuit européen sans contrôle adéquat.
« Le risque de « porosité » est réel », déclare l’interprofession. « Les produits brésiliens pourraient contenir des substances interdites, compromettant la sécurité alimentaire et l’équité des producteurs européens. »
Pour éviter une crise sanitaire et commerciale, ANVOL exige des contrôles inopinés et réguliers dans les élevages brésiliens, ainsi qu’un protocole clair en cas de non-conformité. « Les quelques semaines d’audits menés par Bruxelles ne suffisent pas à garantir la conformité », précise-t-elle.
Cette situation illustre un problème plus large : l’inégalité des normes agricoles entre les pays européens et ceux du reste du monde. Les éleveurs français sont soumis à des règles strictes en matière de traçabilité, d’hygiène et de bien-être animal, tandis que leurs concurrents étrangers bénéficient souvent de lois moins rigoureuses.
ANVOL demande donc un renforcement des contrôles européens pour protéger les consommateurs et préserver l’équité commerciale. « Si Bruxelles ne prend pas d’actions concrètes, le système européen risque de perdre sa crédibilité », alerte-t-elle.
L’affaire brésilienne pourrait devenir un test décisif pour l’UE : si les mesures de contrôle sont efficaces, les importations brésiliennes s’intégreront sans problème. Sinon, la confiance des producteurs européens en l’écosystème réglementaire européen sera sérieusement menacée.