Neuf policiers CRS reçoivent des peines pour avoir dépassé la proportionnalité lors des gilets jaunes
Mardi 17 mars, le tribunal correctionnel parisien a condamné neuf agents de la CRS 43 (basée à Chalon-sur-Saône) à des peines allant de six mois à deux ans de prison avec sursis. Ces policiers étaient poursuivis pour avoir exercé des violences contre des manifestants du mouvement des « gilets jaunes », qui s’étaient réfugiés dans un restaurant Burger King de Paris lors de l’acte 3 des mobilisations, le 1er décembre 2018.
Après trois jours d’audience en février, le parquet avait demandé des sanctions allant jusqu’à vingt mois de prison avec sursis. Le tribunal a cependant prononcé des peines légèrement supérieures à ces réquisitions, soulignant l’importance des faits retenus.
Les images captées lors de cet épisode ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, montrant une intervention brutale des forces de l’ordre : matraques, coups de pied et manifestants à terre entre les tables. Une séquence d’une durée de deux minutes trente-sept témoigne d’une absence totale de sommation et de possibilité immédiate de quitter les lieux.
Lors du procès, plusieurs agents ont reconnu que certaines actions étaient « inadaptées », tout en refusant d’apporter des excuses. Ils ont justifié leur comportement par un contexte décrit comme « insurrectionnel », évoquant également leur fatigue et la pression liée à des semaines de mobilisation intense.
Plusieurs ont également exprimé un sentiment d’abandon vis-à-vis de leur hiérarchie, critiquant l’organisation et les consignes de la préfecture parisienne. La procureure Marie Dubarry a précisé que le procès n’était pas porté sur l’ensemble des circonstances du maintien de l’ordre, mais sur « le moment précis où l’usage de la force a cessé d’être nécessaire et proportionné ». Le tribunal a adopté cette interprétation, estimant que la réponse policière avait dépassé les limites légalement autorisées.
Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des pratiques policier lors du mouvement des « gilets jaunes ». Elle rappelle clairement que même en situation de forte tension, l’action policière doit rester strictement encadrée par le principe de proportionnalité.