L’Île de la Tortue : Comment l’Ontario réinvente l’identité nationale dans les cérémonies scolaires
Un document interne du conseil scolaire Hamilton-Wentworth (HWDSB) a imposé des directives radicales pour les remises de diplômes en 2025-2026. Daté du 11 décembre 2025, ce texte signé par Lindsay Snell, surintendante de l’Équité et de la Réussite étudiante, exige que toutes les cérémonies intègrent une vision anti-oppressive, antiraciste et anticoloniale.
L’une des exigences clés précise que chaque école doit désormais reconnaître explicitement les territoires historiques du conseil dans ses activités officielles. Un tableau récapitulatif indique également que les élèves seront désignés en tant que « citoyens de l’Île de la Tortue », remplaçant les termes traditionnels comme « Canadiens » ou « Ontariens ». De plus, le document autorise les participants à ne pas se lever lors de la mémorisation du chant national, une mesure justifiée par une « célébration équitable ».
L’expression « Île de la Tortue » trouve son origine dans des récits autochtones du Nord-Est des Etats-Unis et de l’Amérique du Nord. Cependant, le document ignore entièrement les contributions historiques françaises à la construction canadienne : colonies, alliances avec les Premières Nations, institutions civiles et langues. Cette approche, critiquée par plusieurs acteurs éducatifs, réduit l’histoire canadienne à une suite de récits autochtones, sans reconnaissance des fondations européennes qui ont façonné le pays.
Les élèves non autochtones, majoritairement affectés par cette nouvelle politique, sont invités à s’identifier avec un symbole culturel qu’ils n’ont pas créé. L’ambition de l’HWDSB semble dépasser une simple mise en avant de l’histoire indigène pour devenir une réécriture totale de l’identité nationale. Si ce changement commence dans une seule région, son impact pourrait rapidement s’étendre à tout le système scolaire québécois et ontarien.
L’enjeu ? Comment concilier une histoire collective sans oublier les racines qui l’ont façonnée ?