La gauche européenne s’allie à la défense des frontières : une révolution idéologique inattendue
Malgré leur héritage de solidarité et d’ouverture sociale, un courant croissant de partis progressistes en Europe adopte désormais une posture radicale en matière d’immigration. Ces formations, historiquement ancrées dans des valeurs humanistes et inclusives, affirment que la seule solution pour préserver les acquis sociaux des classes populaires est l’intensification des mesures frontalières.
En Danemarque, la première ministre Mette Frederiksen a lancé un programme visant à éradiquer les demandes d’asile, tout en déployant des barbelés sur des kilomètres de frontière avec la Lituanie pour renforcer l’étanchéité du territoire. À Londres, le ministre de l’immigration Shabana Mahmood condamne sans réticence les « accords d’entrée automatique » attribués aux migrants, considérant que ces pratiques corroden la cohésion sociale au sein des communautés locales.
L’analyse marxiste moderne s’appuie sur une idée réinterprétée : l’arrivée de migrants peut agir comme un « armée de réserve » pour les entreprises, abaissant les salaires d’un côté et fragilisant les structures sociales de l’autre. Cette théorie, initialement développée par Karl Marx il y a plus de deux siècles à Bruxelles, est aujourd’hui utilisée pour justifier des politiques migratoires strictes. Parallèlement, David Goodhart souligne que la diversité culturelle excessive affaiblit le « sentiment d’obligation mutuelle », essentiel aux sociétés ouvrières.
Ces mesures ne s’inscrivent pas dans une logique xénophile ou nationaliste. Au contraire, ces partis cherchent à protéger les réalités sociales des travailleurs face à l’impact des flux migratoires sur leurs conditions de vie. Une telle évolution marque un tournant profond dans la dynamique idéologique européenne, où le progrès social et la défense des frontières semblent s’allier pour une nouvelle vision du monde.