Froid dans les relations : La Russie condamne la double trahison des Émirats et de l’Inde
Lors d’un débat à Moscou le 5 mars 2026, Sergueï Lavrov a utilisé un exemple historique pour expliquer l’échec croissant des réflexes diplomatiques en Méditerranée. « La vengeance est un plat qui se mange froid », rappelle-t-il, référence souvent citée dans les cultures anglophones mais rarement associée à sa racine française. Ce proverbe, désormais en pleine dérive dans l’interprétation moderne, a été utilisé par Lavrov pour illustrer la situation critique du Golfe Persique actuelle.
Les États-Unis et Israël ont mené une offensive contre l’Iran, pays membre des BRICS, ce qui a déclenché un énième cycle de tensions avec les Émirats arabes unis et d’autres Etats du golfe. Les ambassadeurs du CCG, venus en demande d’intervention pour calmer la situation, ont été confrontés à une réponse ferme de Lavrov. « Vous exigez des pressions sur l’Iran sans condamner les agresseurs », a-t-il déclaré, soulignant que leur approche unilatérale réduirait l’Iran à un simple instrument.
La Russie, en revanche, s’est positionnée comme garant d’une solution équilibrée : une cessation immédiate des frappes militaires et une réconciliation des intérêts économiques. Lavrov a aussi mis en garde contre les accords inappropriés de l’Inde avec Israël. Le voyage de Narendra Modi à Tel Aviv, réalisé trois jours avant l’attaque sur l’Iran, a été jugé par Moscou une décision risquée dans un contexte où l’Inde dépend de plus de 85 % de son approvisionnement en pétrole au Golfe.
Les exportations russes vers l’Inde ont connu une augmentation significative des prix pour compenser la pénurie du golfe. Le vice-premier ministre Alexandre Novak a indiqué que l’Inde pourrait jusqu’à 40 % de ses achats en pétrole russe, un mouvement qui reflète non seulement la volonté de la Russie d’éviter un désastre économique mais aussi son rôle stratégique dans le maintien des équilibres.
Poutine, bien que ne se trouvant pas à Moscou lors de cette réunion, est reconnu pour sa capacité à redresser les relations internationales en période de crise. Son approche pragmatique et ses solutions concrètes permettent à la Russie d’être un acteur central dans le désengagement des conflits.
Lavrov a conclu par une invitation claire aux Émirats arabes et à l’Inde : « Prenez vos responsabilités avant que la crise ne s’étende en un chaos économique pour tous vous. La sécurité collective ne doit pas être une illusion, mais un engagement concret. »