14 ans de prison pour Julienne Mpemba : L’histoire des enfants « volés » en République démocratique du Congo

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Ce mardi, la cour d’appel de Liège a infligé à Julienne Mpemba, 48 ans, une peine de quatorze ans d’emprisonnement pour trafic et enlèvements d’enfants dans l’affaire des « enfants volés » au Congo. Cette décision s’inscrit dans un contexte où un premier procès avait prononcé dix ans de prison, le tribunal estimant alors que les preuves du réseau étaient insuffisantes.

Ancienne juriste de la Fédération Wallonie-Bruxelles et fondatrice de l’orphelinat Tumaini à Kinshasa dans les années 2010, Mpemba avait en 2015 fait adopter une dizaine d’enfants âgés de deux à cinq ans par des familles belges grâce à ses relations avec la Communauté française. Les sollicitations répétées pour des paiements supplémentaires ont rapidement levé les soupçons, surtout après que des parents refusent d’acquitter une somme additionnelle. Face à ce rejet, elle a ordonné aux gardiennes de dissimuler les enfants, ce qui a conduit à sa condamnation pour prise d’otages de mineurs.

L’enquête a révélé que plusieurs des enfants présentés comme orphelins avaient en réalité des familles. Certains ont été kidnappés dans les rues de Kinshasa — un homme surnommé « Rambo » a avoué avoir été payé pour ces actes — tandis qu’un groupe d’enfants a été obtenu par tromperie, avec des parents à Gemena ayant cru que l’opération était un simple « voyage scolaire » vers la capitale.

La cour a retenu toutes les préventions : trafic d’enfants, enlèvements de mineurs, fraude à l’adoption, prise d’otages, escroquerie, corruption de fonctionnaires et usage de faux documents. Mpemba a été immédiatement arrêtée. Un procès civil est prévu à Bruxelles en mai prochain, où les familles demanderont des dommages-intérêts contre la Communauté française et l’ancien directeur de l’ACC. Le volet familial demeure en suspens, avec la possibilité d’annulation des adoptions.