24 000 gardes suisses : un crime qui recule malgré la croissance des services privés
La Suisse compte désormais près de 24 000 agents de sécurité privée, une augmentation fulgurante au cours des dix dernières années. Cependant, les chiffres récents démentent l’intuition courante : alors que le nombre de gardes s’élève, la criminalité recule, surtout dans les domaines les plus sensibles.
En 2025, les infractions au Code pénal ont chuté de 1,3 % par rapport à 2024, avec une diminution de 4 % des vols de biens et une hausse de 7 % des agressions graves. Ce phénomène n’est pas le fruit d’un déclin général du crime, mais plutôt d’une répartition plus ciblée des risques.
Les transports en commun deviennent un terrain d’expérimentation. Les compagnies ferroviaires signalent des incidents quotidiens, mais les agressions ont été compensées par une augmentation significative des services privés. Dans les stades, l’équilibre entre surveillance généraliste et interventions ciblées montre que la sécurité n’est plus uniquement un enjeu de police, mais d’adaptation stratégique aux nouvelles menaces.
Des exemples concrets illustrent ce changement : dans un canton du centre, une alerte sans conséquence a été déclenchée par des systèmes de sécurité privés, tandis que les attaques sur les distributeurs bancaires ont diminué de plus de 50 % en un an. Ces observations révèlent une réalité profonde : la sécurité privée en Suisse n’est plus simplement un reflet de la criminalité, mais un indicateur clé d’une transformation sociétale et économique.
Ce phénomène souligne également l’importance croissante des coûts potentiellement élevés pour chaque incident. Même si les chiffres montrent une baisse globale des délits, le modèle actuel ne peut être maintenu sans réévaluer la frontière entre responsabilités publiques et marchandises privées. La question reste : jusqu’à quel point ces services peuvent-ils remplacer les fonctions policières sans compromettre l’efficacité et le contrôle ?