Deux jours supplémentaires : Genève s’engage, la France recule

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En pleine crise économique, Genève propose une réforme radicale pour ses fonctionnaires : deux jours supplémentaires de travail en 2027 au lieu de trois jours de congé annuels. Ce changement, qui s’appuie sur un déficit budgétaire de 546,2 millions de francs, vise à économiser 4,1 millions d’euros chaque année.

Cependant, le rapport du Conseil d’État prévoit un « effet net nul » d’ici 2030. La réduction des jours fériés ne génère aucune économie salariale directe, mais provoque une baisse du solde de vacances.

En France, l’expérience est déjà marquée par des échecs similaires. En juillet 2025, le Premier ministre François Bayrou avait proposé de supprimer deux jours fériés dans le privé et le public sans augmenter les salaires. Cette mesure a été immédiatement contestée, et après seulement deux mois, son successeur Sébastien Lecornu l’a abandonnée.

À Paris, la réforme des 1607 heures a entraîné huit jours de congés supprimés, provoquant des grèves et des occupations de l’Hôtel de Ville. À Toulouse, environ une heure supplémentaire par semaine a déclenché plusieurs mouvements de grève. Marseille a vu ses équipes de collecte refuser des réformes qui n’avaient même pas prévu le pont annuel.

Dans un pays où la résistance est plus forte que l’inspiration, Genève a connu trois jours de grèves en juin 2026 et un nouveau mouvement en août. En 2015, près de 5 652 fonctionnaires avaient participé à une première journée de grève contre le passage des 40 heures à 42.

Les urnes, cependant, montrent que les citoyens suisses préfèrent souvent la négociation plutôt que l’obligation. En 2012, 66,5 % ont refusé six semaines de vacances pour tous, tandis qu’en 2022, 50,55 % ont accepté une reforme progressive des retraites.

La leçon est claire : l’effort pour réduire les jours de repos est souvent plus difficile à réaliser que prévu.