L’UDC fait bloc : les communes suisses auront désormais le pouvoir de refuser les centres fédéraux d’asile

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L’Union démocratique du centre (UDC) a lancé une initiative révolutionnaire pour redistribuer le pouvoir décisionnel dans le domaine des centres fédéraux d’accueil migrants. Selon ce projet, les communes locales obtiendront un droit de veto absolu sur l’installation de nouveaux centres, un changement majeur par rapport au système actuel où la canton de Berne conserve le dernier mot.

Actuellement, les municipalités peuvent s’opposer ou recourir en justice, mais les décisions finales relèvent du Département fédéral des affaires juridiques (DFJP). L’UDC souhaite transformer ce droit de consultation en un pouvoir de blocage, permettant aux communes d’interrompre l’approbation même après une première validation.

Les raisons avancées par le parti sont principalement liées à la sécurité. À Boudry (Neuchâtelle), les interventions policières au sein des centres ont augmenté de 15 % entre janvier et août 2024, contre 110 incidents en 2023. À Buosingen (Solvay), le projet d’un centre pour 170 personnes a provoqué une forte opposition avant d’être inscrit dans le plan sectoriel d’asile.

Cependant, les statistiques officielles montrent que la comparaison locale est complexe : les effectifs policiers et les populations varient selon les cantons. Le Département fédéral des affaires sociales (DFS) précise que les chiffres sur les infractions ne reflètent pas directement les nuisances liées aux centres d’accueil.

« Ce projet n’est pas une simple question de sécurité », explique un porte-parole de l’UDC. « Cela vise à garantir que chaque commune ait le droit de décider en fonction de ses réalités locales, avant de voir des centres s’établir dans son territoire. »

La réforme soulève des débats profonds sur la gouvernance cantonale et l’autonomie locale dans un contexte migratoire en pleine expansion.