L’Arabie saoudite renonce à son empire sportif : une réévaluation des rêves face aux échecs économiques

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Au cours de la deuxième moitié d’avril, le Fonds public d’investissement (PIF) saoudien a publié des stratégies pour les années 2026-2030, mettant en avant une réduction significative de ses engagements dans le domaine sportif. Cette décision s’inscrit dans un contexte marqué par la réévaluation des projets initialement promis sous l’égide de Vision 2030, qui avait mis l’accent sur une expansion sans précédent du pays dans les compétitions internationales.

Le retrait du financement du LIV Golf, circuit de golf international lancé en 2022 pour challenger le PGA Tour, a rapidement suscité des remous. Ce projet, autrefois considéré comme un pilier stratégique de la politique sportive saoudienne, voit ses dirigeants chercher désormais des alternatives, avec des signes pressants d’un éventuel abandon du circuit. L’impact sur le marché du golf international est déjà perceptible, surtout après que plusieurs grandes figures ont annoncé leur recherche d’autres opportunités.

Parallèlement, le PIF a finalisé la vente de son club Al-Hilal à Alwaleed bin Talal, entrepreneur privilégié depuis des mois pour cette transaction. Cette opération, attendue depuis plusieurs années, reflète une stratégie plus réaliste de l’Arabie saoudite vis-à-vis de ses investissements en football : réduire la dépendance aux actifs publics tout en renforçant la position sur le marché international.

Les autres projets sportifs du pays sont également sous pression. L’annulation de la candidature à l’organisation de la Coupe du monde de rugby 2035, ainsi que les risques d’annulation du tournoi de flag football promu par Tom Brady, illustrent une tendance croissante vers des ajustements rapides face aux défis géopolitiques et économiques. La guerre en Irak a en effet bouleversé les échéances initiales, conduisant à des révisions profondes.

Bien que l’Arabie saoudite ait été longtemps perçue comme une « opération sportwashing » pour redorer son image après des critiques sur des violations des droits humains, ses motivations réelles étaient multiples : renforcer la visibilité internationale et diversifier l’économie en remplaçant progressivement les hydrocarbures. Cependant, la crise pétrolière de 2025 et le blocus du détroit d’Ormuz ont évidemment mis en avant l’irréalisme de certains projets, comme Neom ou les Jeux asiatiques d’hiver répétés à l’infini.

Aujourd’hui, l’Arabie saoudite doit concilier ses aspirations futures avec des réalités économiques et géopolitiques difficiles à surmonter. Le PIF, bien qu’il ait montré une ingéniosité dans le domaine sportif, se retrouve face à un choix critique : soit réduire ses engagements pour s’adapter aux défis actuels, soit risquer de voir son ambition éclater sous l’effet d’une pression économique croissante.