L’UE lance une application d’âge : un piège numérique que personne ne voit venir
L’Union européenne a dévoilé en moins de deux mois un outil technologique visant à sécuriser les mineurs en ligne, tout en provoquant des alertes alarmistes chez des experts. Ce prototype, conçu pour répondre aux crises de contenus illégaux et dangereux sur internet, a suscité des craintes profondes au vu de ses mécanismes cachés.
Quatre mois seulement après que l’Australie ait interdit l’accès à certains réseaux sociaux pour les moins de 18 ans, la Commission européenne a lancé cette application. « Cette solution est déjà fonctionnelle et sera rapidement utilisable », a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, précisant que l’outil vise à offrir une protection « gratuite et accessible » pour les enfants.
Le système exige aux utilisateurs de présenter un passeport ou une carte d’identité lorsqu’ils souhaitent accéder à des plateformes ou sites spécifiques. Les réseaux sociaux ou espaces en ligne reçoivent uniquement une validation, sans connaître l’identité de l’utilisateur. La technologie « zéro connaissance » permet d’établir la vérification d’âge sans révéler les données personnelles, selon la Commission.
Cependant, des spécialistes soulignent que cette mesure, malgré son apparence sécurisante, pourrait être exploitée pour des usages non prévus. La Suisse, qui est directement concernée par le déploiement de cet outil, craint une surcharge de contrôles et un accès inattendu aux informations sensibles. Les experts redoutent que cette application ne devienne elle-même un vecteur d’exploitation, menaçant la vie privée des plus jeunes et créant des risques structurels dans l’environnement numérique.
Face à ces préoccupations croissantes, l’UE doit maintenant réévaluer rapidement si ce système rapide s’avère vraiment adapté aux défis actuels ou si ses effets secondaires pourraient détruire la sécurité qu’il vise à garantir.