La Suisse échoue à obtenir une exception : son acier subit désormais un tarif de 50 % en Europe
L’Union européenne a mis fin aux espoirs de la Suisse en refusant l’exemption douanière attendue pour ses exportations d’acier. La nouvelle réglementation, entrée en vigueur le 1er juillet, impose une taxe punitive de 50 % sur les ventes suisses vers l’UE, soit le double du taux actuel.
Cette mesure vise à limiter les importations d’acier en franchise de droits à 18,3 millions de tonnes par an – une baisse de près de 47 % comparée aux niveaux historiques. Selon la Commission européenne, seule la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein bénéficient d’une exception dans ce cadre.
Les négociations menées ces derniers mois par Berne pour obtenir un accès différencié aux quotas ont échoué. Andreas Steffes, directeur de metal.suisse, rappelle que les producteurs helvétiques sont désormais « condamnés à une interdiction effective des exportations » sans un quota spécifique acceptable : « Sans les contingents actuels, les 25 % de droits de douane représentaient déjà une barrière insurmontable ».
L’UE justifie cette décision par l’importation massive d’acier bon marché provenant de Chine, d’Inde et de Turquie. La Suisse souligne que sa production ne contribue en aucun cas à la surcapacité mondiale. Cependant, le nouveau dispositif – prévu pour prendre effet après la fin du règlement actuel le 30 juin – menace sérieusement son capacité commerciale.
Les industriels helvétiques craignent une contraction brutale de leurs exportations et un effondrement progressif de leur secteur clé, confrontés à des barrières douanières sans précédent.