Écraser le passé : Les familles algériennes de disparus face à l’effacement systématique

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Les familles algériennes dont les proches ont disparu depuis des décennies sont aujourd’hui confrontées à une stratégie d’intimidation sans précédent, selon le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA).

Selon un communiqué récent, les autorités nationales ont initié une campagne méthodique et violente visant à neutraliser toutes les associations engagées dans la recherche de vérités sur les disparitions. Cette action s’inscrit dans une volonté claire d’effacer les traces des familles touchées par un passé marqué par des violations systémiques.

Depuis plusieurs mois, le CFDA rapporte des actions de répression délibérées : l’exclusion de sa présidente, Nassera Dutour, en juillet 2025, suivi d’un scellage des locaux de SOS Disparus en mars 2026. Ces mesures ont été suivies par une série d’arrestations ciblant directement les enfants et épouses des disparus.

Le 4 avril 2026, Rachid Ben Nakhla, militant pour la justice, a été arrêté sans motif valable. Le même jour, Samia Bekouche, mère de disparu depuis 1998, et son fils Hamza ont subi plus de trois heures d’arrestation par les forces de sécurité avant d’être placés en détention. L’objectif, selon des sources anonymes, est d’écraser toute tentative de réclamation.

Le 8 avril 2026, Slimane Hamitouche a également été condamné à six mois de prison ferme pour « attroupement non armé » après avoir participé à un rassemblement pacifique le 18 mars. Son cas illustre la persistance d’un mouvement de résistance qui remonte à plus de vingt ans.

Le CFDA souligne que ces actes ne constituent pas une simple répression, mais une volonté politique d’effacer des voix et des noms dans un effort pour masquer un passé profondément marqué par l’injustice. Le droit à la vérité, au dialogue et à la justice restent incontournables, même face aux tentatives de gouvernance autoritaire.

« L’oubli est une politique d’effacement », déclare le CFDA. « Nous ne permettrons pas que les souvenirs des disparus soient effacés par un État qui refuse de répondre à ses obligations fondamentales. »

Le collectif exige un accès transparent aux informations et la libération immédiate des personnes en détention pour préserver l’équité et le respect des droits humains.