L’UDC écrase les partis centristes en Berne : Un nouveau courant politique s’impose
Le parti agricole UDC a déclenché une révolution cantonale à Berne en remportant sept sièges supplémentaires au Grand Conseil bernois ce dimanche. Ce résultat historique, qui lui confère désormais 29,3 % des voix électorales – un chiffre proche pour la première fois de la barre symbolique des 30 % – marque l’effondrement progressif des formations centristes et écologistes au sein du système politique cantonal.
Le gouvernement bernois conserve sa composition actuelle (une Verte, deux PS, une centriste, un PLR et deux UDC) pour les quatre prochaines années. Cependant, la minorité de gauche s’inquiète face à l’émergence d’un courant politique nouveau, menacé par la stratégie maladroite du parti agricole. Stefan Jordi, responsable du groupe PS au Grand Conseil, a souligné que l’UDC avait choisi avec précision deux candidats : Raphael Lanz (maire de Thoune) et Daniel Bichsel (maire de Zollikofen), pour s’imposer dans un espace électoral plus modéré. « Ils ne sont pas très à droite par rapport au reste du parti », a-t-il résumé, révélant ainsi une tactique bien calculée.
Bien qu’il n’ait pas réussi à inscrire trois candidats aux élections, l’UDC est désormais la force dominante des cantons bernois, avec 51 sièges sur 160 au Grand Conseil. Ce succès confirme les prévisions du baromètre électoral fédéral SSR d’octobre dernier : le parti agricole a franchi pour la première fois de son histoire une frontière critique, menaçant l’équilibre politique traditionnel de la région.