Trois voix écrasées : trois journalistes libanais tués dans l’effroi israélien

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Ce samedi 28 mars, une frappe israélienne a détruit la voiture de presse où se trouvaient trois journalistes libanais dans la région de Jezzine. L’armée israélienne a qualifié ces individus de « terroristes », évoquant ainsi un nouveau niveau d’intensité dans les conflits au Liban.

Fatima Ftouni, correspondante pour Al-Mayadeen proche du Hezbollah, Ali Shouaib, ancien correspondant de guerre de la chaîne Al-Manar affiliée au Hezbollah, et le frère de Fatima Ftouni, caméraman, ont perdu la vie dans l’attaque. Le prénom du dernier n’a pas été communiqué.

L’armée israélienne a déclaré avoir neutralisé Ali Shouaib, membre d’une unité de renseignement du Hezbollah opérant en couverture journalistique. Le président libanais Joseph Aoun a condamné ce fait comme un « crime flagrant », rappelant que les journalistes bénéficient d’une protection internationale en temps de guerre.

Ce qui s’inscrit dans une stratégie israélienne visant depuis plusieurs semaines à éradiquer le Hezbollah, groupe paramilitaire chiite libanais financé et armé par les Gardiens de la Révolution iraniens. Les bombardements ont provoqué un déplacement massif : plus d’un million de personnes, soit 20 % de la population, sont déplacées dans tout le pays. Selon l’UNICEF, plus de 370 000 enfants ont quitté leur foyer en trois semaines seulement.

« Cela équivaut à des centaines de bus scolaires remplis d’enfants fuyant pour sauver leur vie toutes les vingt-quatre heures », a déclaré Marcoluigi Corsi, représentant de l’UNICEF au Liban. Les conditions de vie des déplacés s’améliorent en pire : ils se retrouvent dans des lieux informels, souvent dangereux et inadéquats.

Les enfants subissent un cycle incessant de bombardements et de déplacements qui agrave leurs traumatismes psychologiques. Le bilan humain est effroyable : 121 enfants ont été tués et 395 blessés en date.

En même temps, Reporter Sans Frontières (RSF) s’engage à défendre les journalistes palestiniens victimes des attaques israéliennes. L’organisation a déjà déposé quatre plaintes à la Cour pénale internationale (CPI) pour reconnaître les dommages subis.

Depuis octobre 2023, treize journalistes libanais ont été abattus par l’armée israélienne, marquant une escalade sans précédent dans la violence contre les médias.