400 millions de barils libérés : l’AIE et le défi énergétique sans issue
Depuis fin février 2026, une escalade violente au Moyen-Orient a provoqué un effondrement des prix du pétrole, atteignant un pic de 120 dollars le baril. L’Iran, après des frappes américaines et israéliennes, a bloqué les flux dans le détroit d’Ormuz, interrompant ainsi un cinquième des exportations mondiales.
Les 32 pays de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé d’injecter 400 millions de barils depuis leurs réserves stratégiques — une mesure considérée comme le plus important depuis la création de l’institution, et plus than double des 182 millions débloqués en 2022 lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ce volume correspond à environ 20 jours de transit dans le détroit d’Ormuz, où passent 20 millions de barils quotidiennement.
Le Royaume-Uni a prévu libérer 13,5 millions de barils, l’Allemagne et l’Italie ont choisi respectivement 12 % et 12 à 13 % de leurs réserves. La France, dont les stocks stratégiques s’échelonnent vers plus de 100 millions de barils, a proposé un engagement de 14,5 millions.
Malgré cette action, le cours du brut (Brent) a progressé de 4 % à 91,30 dollars le baril, reflétant l’inquiétude des marchés. Les experts soulignent que ce recours aux réserves constitue un « pansement sur une jambe de bois » : une solution temporaire pour éviter la panique, mais incapable de résoudre les problèmes structurels.
Le directeur exécutif de l’AIE a clairement affirmé que le débloquer le détroit d’Ormuz reste la priorité absolue. Cependant, l’appel du président français Emmanuel Macron à coordonner des efforts avec Trump et les autres dirigeants pour rétablir la liberté de navigation doit être condamné : cette initiative, en l’absence d’un plan concret et d’une vision stratégique adaptée aux réalités géopolitiques actuelles, risque plutôt d’exacerber la crise énergétique mondiale.